dimanche 24 août 2008

BOUTARGUE,POUTARGUE, ADDAME HOUT,OEUFS DE POISSONS, CAVIAR TUNISIEN




Les œufs de mulet (de thon aussi mais moins connus), lavés, séchées, salés, enrobés d'une couche de cire(paraffine)selon une méthode qui remonte aux phéniciens sont considérés comme le nouveau caviar. Putôt chère la Boutargue est encore méconnue par les français. On l'appelle poutargue dans le sud de la France.
Une fois séchée la boutargue ressemble à une saucisse aplatie, de couleur plutôt dorée ou brune, recouverte de paraffine ou sous vide.
Elle a un goût puissamment iodé qui fond dans la bouche en laissant un goût de poisson très subtil. La première bouchée peut dérouter mais rapidement on y prend goût.
Pour la manger on doit ôter la cire qui se détache facilement.Avec un couteau on la tranche finement pour l' apéro. C'est un régal réservé aux amateurs qui la déguste avec un verre de boukha (alcool de vie de figues).
On en trouve à présent partout venant de Mauritanie ou de grèce, dans les magasins d'alimentation orientaux ou cacher, dans les épiceries fines.
Chaque table digne de ce nom en Tunisie, chez les juifs, les soirs de chabbat, de fêtes était ornée de lamelles d'or (fines tranches d'addame hout). Délicieuse avec du pain italien, une rasade de citron vert. A Marseille et en Sardaigne on râpe de la poutargue sur des pâtes arrosées d'huile d'olive.

Cette spécialité a incontestablement l’accent du Sud.

L’Italie, l’Espagne, Le Liban, Israël, l’Egypte, en consomment depuis des siècles. Les Grecs l’utilisaient jadis pour la fabrication de l’authentique Tarama.

Plusieurs pays se disputent l’origine de ce produit et on peut penser qu’en France elle fut importée en Provence par les phéniciens lorsqu’ils fondèrent Marseille au XIé siècle av JC. C’est à Martigues (à proximité de Marseille), joli petit port provençal bordé de canaux qu’elle est devenue une spécialité incontournable.

3 Finitions

La boutargue est une source de calcium, de vitamines A, D et B, de magnésium, sélénium, phosphore , iode et fluor. De plus, issue d’un poisson gras, elle est riche en oméga-3. D’une manière générale, des études nutritionnelles ont montré que ces acides gras poly-insaturés fluidifient le sang, neutralisent les radicaux libres et ont un effet très positif sur la vitalité.

A noter que les oméga-3 sont sensibles à la chaleur.

C’est pour cette raison que la boutargue qui a subit un séchage (et non une cuisson) est un source naturelle de bienfaits

Le nom est-il d’origine arabe ou provençal ?

Les lexicologues s’accordent en tous cas pour faire du bassin méditerranéen, toutes rives confondues, le lieu de naissance et de consommation privilégié de ce met délicat. Un ouvrage sur les pêcheurs côtiers publiés à la fin du siècle dernier, raconte comment les habitants de Martigues, accompagnaient leur café au lait matinal de belles tartines de boutargue.

Dans les années cinquante, la totalité des boutargues consommées à Tunis provenaient de la lagune située en bordure de la route menant à La Goulette. Les problèmes sanitaires (malaria), puis l'espace nécessaire à la construction d'un centre commercial et à l'extension de l'aéroport incitèrent les autorités à réduire considérablement la surface de ce "lac". L'effet induit fut la quasi-disparition des mulets péchés près de Tunis... Et donc la boutargue tunisoise, c'est vraiment du passé. (Actuellement, les mulets péchés dans les eaux tunisiennes le sont dans la région de Bizerte).

La boutargue de thon , très salée, est recouverte d'une peau épaisse, peut se déguster une fois nettoyée macérée dans de l'huile d'olive et du citron.
Koskas et Memmi et Claudio Attal restent les grands fournisseurs tunisiens à Paris.
Les prix oscillent entre 70 et 120 euros le kg. Cher ou pas on ne peut s'en passer!!!

Mon beau père (qu'il repose en paix, amen) était, pendant les années 50/60, le roi de la boutargue: Gagou el Haouète, il travaillait au marché central de Tunis. c'était un grand spécialiste et nous n'avons pas oublié comment les planches de boutargue séchaient au soleil sur les terrasses de la "hafsia", et comment le petit canif à la main, au café Castro à la hara, il découpait avec élégance les tranches de boutargue qu'il faisait goûter à tout va aux consommateurs. Encore des souvenirs......

1 commentaire:

anne.lemaire9 a dit…

Boutargue ou poutargue (sud de la France), bottarga (Italie), caviar de la Méditerranée, karasumi (Japon), c’est la même chose : Des œufs de mulets séchés et salés.
La poutargue est indifférremment commercialisée sous vide.

J'ai découvert la poutargue en voyage en Turquie il y a 2 ans. La première dégustation a été une révélation, j'en raffole et la préfère nature (coupée en tranches très fines) avec un filet d'huile d'olive ! Mais pour une première dégustation, je la conseille plutôt sur un toast beurré qui atténue le goût somme toute fort puissant pour les novices, ou bien râpée sur un plat de pâtes.

Depuis peu j'ai décidé d'en commercialiser sur http://www.almyx.eu où vous trouverez informations et recettes sur ce produit riche en goût !