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mardi 23 décembre 2008

QUEL KIF!QUELLE MERVEILLE ! LE HAMMAM!

Je ne peux rester sans partager avec vous ces merveilleux moments passés ce matin au HAMMAM.
Ma fille qui voyait que je n'étais pas bien, poussa ma nièce à me susurrer dans l'oreille qu'elle allait m'emmener au bain maure . Elle savait qu'en Tunisie "j'adorais " y aller.
Et nous voilà sur internet en train de chercher un hammam avec gommage et massage. Et puis on trouve le seul pour femmes ouvert et disponible. Nous avons préparé le "tfal"ghassoul , trempé à l'eau de rose et la poudre de clous de girofle. Les gants Lifa, le gant pour gommer"hakèkè". Il ne manquait que les citrons doux ,le cidre et la calèche pour nous conduire.
Bon le métro nous conduira rapidement. Et nous voilà la tante et la nièce , boulevard e la Chapelle, au bain maure. On entre, une gentille dame nous accueille gentiment et nousprodigue tous les conseils;Hammam; gommage, massage, serviettes ,thé à la menthe...la totale.
Et nous voilà comme toutes les femmes en petite tenue, poitrine à l'air. La chambre chaude où romarin et thym embaument l'atmosphère, nous savourons les pores dilatés ces moments. Ensuite après avoir échangé avec les femmes, jeunes filles hyper ouvertes, communicatrices, nos recettes de beauté, nos produits, nous avons distribué le tfal au clous de girofle, nous voilà prise en mains par Myriam, une super gentille femme dun âge certain, souriante affable qui vous prend, vous llonde sur une serviette et voilà le gommage, avec les "ftouls" qui ressortent de partout, enusite le merveilleux massage, le meilleur que j'ai eu, les kinés peuvent se cacher à côté.
Mais quel régal, quel plaisr, une pure merveille. Ensuite, savon noir, et que l'on frotte au gant lifa. Rinçage à coups de seaux d'eau...... Carole ma nièce m'appelle pendant que je me fais masser "tata", mais quelle tata, je suis une princesse dans le Hammam du harem, ne me réveille pas.
Je rêve, en plein jour, c'est fou le plaisir intyense que cela procure comme sensations.
Epuisées, épurées, nettoyées, des cheveux de soie, une peau lisse... nous voilà sur un canapé pour nous remettre, allongées, sirotant un thé à la menthe fraiche.
Vraiment le pur Kif de chez Kif, que j'ai voulu partager avec vous.
Nous allons prendre un abonnement, car c'est monstrueux de se priver de ces moments de farniente, loin du stress, des soucis. Il faut avant de se rendre la prochaine fois que nous allions chez notre ami "breïtou" bd barbes ou clignancourt pour aller charcher le ghassoul, le savon noir et toutes les huiles.
Alors si vous voulez savourer les mêmes moments allez aux bains maures du 54 bd de la chapelle. C'est simple, propre, authentique mais oh combien chaleureux, agréable et détendant.

vendredi 8 février 2008

RITUEL DU HAMMAM- BAIN MAURE, BAIN TURC..

Cette photo a été prise par notre ami Mourad Jemaâ qui l' a réalisée pour notre famille car ce hammam , anciennement Hammème El Jrèbè, était celui que nous fréquentions.
Nous le remercions chaleureusement d'avoir ravivé nos souvenirs.

Le hammam, bain maure est l'endroit où tous nous nous rendions pour nous laver et nous délasser. A l'époque les salles de bains étaient plus que rares, et en dehors de se débarbouiller à l'eau froide, nous avions ce bain rituel pour faire une véritable toilette. Tous les voisins et voisines se réunissaient une fois par semaine pour aller ensemble se détendre et se laver mutuellement (se frotter le dos surtout) au hammam. Les mamans dont certaines par pudeur se voilaient pour s'y rendre préparaient le baluchon (sarr) contenant les vêtements propres, les serviettes de toilette, le"bechkir", (grande serviette pour s'enrouler dedans à la sortie de la chambre chaude) la tasse pour puiser l'eau, le pot contenant le "tfal" argile parfumée à la "otria"eau de fleurs de géranium rosa qui servait à se laver les cheveux et le corps), la "kessè" gant pour oter les peaux mortes et la"crasse!", le "souak"(écorce d'arbre) pour mettre sur les dents et gencives afin de les nettoyer(dentifrice de l'époque), la "feléya", peigne fin à se passer obligatoirement pour rincer le "tfal" des cheveux, et parfois du "dheb" préparation à base de chaux vive pour s'épiler .Elles n'oubliaient jamais les oranges ou les fameux citrons doux, bergamottes, pour se désaltérer après le bain et les foulards pour se couvrir les cheveux (mouillés ,pas de séchoir non plus ...).
La propriétaire du bain trônait sur la "dokana" qui lui était réservée, une caisse devant elle pour les encaissements, , quelques bouteilles de cidre du golfe de Meddeb, boisson unique en Tunisie au goût particulier et inoubliable, du souak et des kessés qu'elle vendait à celles qui oubliaient de les apporter avec elles.
Les femmes, les jeunes filles , les fillettes et les jeunes garçons (parfois jusqu'à l'âge de 10 ans) tous ensemble montaient sur les différentes "dokanas"pour se déshabiller entièrement, poser les vêtements sales dans le baluchon, chausser les sabots de bois "kobkab" et se saisir de la késsé pour cacher sa nudité ou garder son slip.Et tous rentraient en piaillant dans le bain où l'on ne se voyait presque pas tellement les vapeurs dégagées par les fours extérieurs à bois obstruaient l'atmosphère(le Katousse). Et le "teftile" commençait et c'était à qui faisait sortir de sa peau le plus de "ftouls" à force de frotter en trempant la kessé dans l'eau et l'essorant. Après un rinçage dans la "matrha", petite chambre individuelle équipée d'une sorte de lavabo au sol avec deux robinets (eaux chaude et froide) et d'un tabouret bas en pierre de forme ronde ; on se lance dans le lavage des cheveux, alors eau et Tfal font mousser et on lave, relave, tourne les cheveux de tous les côtés. Après un long moment ,la personne la plus ancienne sent les cheveux pour vérifier qu'ils sont bien néttoyés. Vient alors la corvée du peigne fin que l'on passe pendant qu'une autre personne verse de l'eau sur la tête...
La "harzè" femme désignée pour aider les personnes à se laver, vêtue d'un slip ,les seins ballotants, le visage rougi par la chaleur , passe d'un dos à l'autre, de cheveux en cheveux, et elle finit une fois que la personne est totalement lavée et rincée abondamment, par aller lui chercher le"bechkir" et la serviette pour les cheveux, les sabots qu'elle rincera avant que la personne ne monte sur la dokana.
Les dames s'asseyent et s'étalent sur la natte qui est posée, elles s'allongent pour se reposer, boivent une bouteille de cidre, épluchent et partagent les oranges, et devant tout ce monde s'essuient le corps et s'habillent. Le foulard noué au dessus de la tête, le visage bouffi par la chaleur, le corps affalé, elles habillent les enfants aidées de leurs filles aînées. Les éffluves de tfal de géranium se mélangent à celles des bergamottes. Il règne une odeur moite mais particulière, unique. On entend toutes les secondes "Saha" "yatik el saha" "yaïchek".
Quels souvenirs heureux de moments de délassement, de bonheur , de joies partagées, de rires surtout ceux des jeunes garçons qui se marraient en voyant toutes ces fesses et seins dénudées..
Souvent ce rite pour les juives tunisiennes étaient réservé au vendredi avant chabbat.
Certains bains maures étaient équipés d'un "Mikvé" bassin relié à une source d'eau froide, la religion juive voulant que pour les cérémonies religieuses de certaines festivités, l'élu (bar mitzva, mariés...) prennent ce bain pour se purifier. La femme mariée doit après les menstruations aller faire un "mikvé"...
Qui ne se souvient du "hammam el syoudé" à Tunis, "Hammam el kouch , hammam Najjar , hammam el bhayere et hamman el jrèbè "à Nabeul??
A présent les bains maures, hammams ont été restaurés mais l'agencement et le rituel
demeurent et c'est toujours une merveilleuse détente et une purification agréable.